(J'ai écrit ce texte pour moi, pour graver à jamais dans ma mémoire le moment le plus incroyable de ma vie... Et puis je me suis dit que je suis si heureux que j'allais le partager...)
— Dis, qu’est-ce que c’est le truc bizarre qui se trouve sur le meuble dans la chambre ?
— Dis, qu’est-ce que c’est le truc bizarre qui se trouve sur le meuble dans la chambre ?
À
l’autre bout du couloir, dans le bureau, assis face à
l’ordinateur, je me suis figé, mon cœur a raté un ou deux
battements, car je sais pertinemment et avec une netteté infinie ce
qu’est le truc bizarre que ma douce vient de trouver. C’est le
tube de ma cage de chasteté. Ce tube que j’ai porté hier et que
j’ai lavé ce matin. Ce tube que j’ai vu sur l’appui de fenêtre
de la salle de bains et que j’ai emporté avec moi dans la chambre
en me disant « il ne manquerait plus que je l’oublie ici, je
serais dans de beaux draps ».
Ah
oui ? Vraiment ? Alors pourquoi l’ai-je posé sur la
commode et oublié aussitôt mes habits enfilés ? Est-ce un de
ces actes manqués chers à Freud ou est-ce que le fait de me
coucher beaucoup trop tard tous les soirs a fini par jouer sur mon
attention au réveil ?
Dans
un cas comme dans l’autre, je suis coincé : elle a dans la
main un objet en plastique en forme de pénis et moi, je suis dans un
état de panique intense et je réponds, connement :
— Je
ne sais pas…
Elle
insiste, évidemment :
— C’est
un objet bizarre, il n’a pas pu venir là tout seul…
— Ah !
Ben j’en sais rien, ça doit pas être important, jette-le.
Je
suis tétanisé, figé devant mon clavier, rouge comme une pivoine,
l’estomac dans les pantoufles. Elle remonte le couloir, s’arrête
dans l’encadrement de la porte, très calme, très maîtresse
d’elle-même et me demande :
— Alors ?
Qu’est-ce que c’est ?
Je
me jette à l’eau :
— C’est
un jouet sexuel, voilà…
Grand
sourire :
— Et
bien pourquoi tu faisais semblant ? Tu pouvais me le dire…
— Je
sais, j’étais gêné.
— Tu
l’as acheté sur Internet ? (hochement de tête.) Bon, il est
dans la poubelle, maintenant.
— Oh
non, en fait, ne le jette pas…
— Bon.
Je le ressors, il faudra le désinfecter…
Et
voilà. Après 17 ans de mariage, alors qu’on se dit tout sur tout,
mon seul secret, mais de taille, mon fantasme de soumission vient
d’être sérieusement craquelé… Elle vaque à ses occupations,
ne me parle plus de la chose. Je vois sur l’écran que Constance
est connectée, je lui raconte la scène, je suis atterré, honteux,
inquiet. Constance m’encourage à lui parler, elle a raison, je le
sais… Et je sais que de toutes façons je n’ai plus vraiment le
choix. Faire le mort alors que je me suis fait prendre avec un objet
si évidemment « hors-norme » ne serait pas une solution…
Autant je pouvais préserver le secret sur mes fantasmes pour des tas
de raisons, autant si elle sait que je joue avec une « bite en
plastique » et que je n’ai pas l’honnêteté de lui donner
quelques explications, surtout vu sa réaction très calme et
totalement non invasive, compréhensive, pleine d’amour
inconditionnel en fait, ce serait d’une malhonnêteté et d’une
hypocrisie inacceptables.
Je
le sais.
Mais
le poids de 40 ans de secret, tenu par-devers tout, face à la
famille, aux amis, à ma femme, me submerge. J’ai les boules, je me
sens mal. Merci Constance d’avoir été disponible sur Messenger,
alors que tu avais un examen qui t’angoissait le lendemain, merci
de m’avoir encouragé, conseillé, et réconforté tout le long de
l’après-midi…
Oh
oui, si longtemps, car ma femme s’est comportée parfaitement comme
si de rien n’était, venant manger, puis travaillant dans le
bureau, alors que j’étais dans la pièce, me parlant de son
travail, me demandant mon avis sur ses énoncés de problèmes. Et
moi, j’étais là, répondant gentiment, le cœur empli de
sentiments contradictoires, de l’envie d’enfin tout déballer, de
la nécessité de le faire, de la peur qui m’en empêchait. Je me
suis donné comme excuse la présence des enfants. Puis, après que
nous sommes allés les conduire à leurs diverses activités du
mercredi, l’excuse que j’allais manquer de temps, que j’allais
la déranger dans son boulot (d’autant qu’elle me répète
qu’elle ne voit pas le jour et qu’elle est en retard, en retard,
en retard).
L’heure
passe, et toujours, régulièrement, je reviens à mon clavier et je
soûle la pauvre Constance de mes angoisses ridiculement
disproportionnées et, toujours, elle me répond avec son extrême
gentillesse et son amitié rassurante, m’encourageant à oser…
Je
me fixe, comme nouvelle limite, « ce soir », sans fautes,
quand les enfants seront couchés… Comme ma douce fait toujours
comme si de rien n’était, nous passons une journée tranquille,
nous avons un bon petit repas du soir. Je m’attends même à ce que
nous allions regarder une série, comme d’habitude, et ensuite
qu’elle se prépare à aller se coucher. Alors, au lieu d’aller
sur le net gérer mes blogs de punition, comme c’est mon habitude,
j’irai la rejoindre avec la cage dans la main et je lui expliquerai
ce que c’est et pourquoi j’en suis venu à en porter une de temps
en temps. Je forme le discours dans ma tête, mais il sonne faux, il
ne parle que de la cage et il donne des raisons (ma frustration parce
que nous ne faisons pas assez souvent l’amour) qui sont vraies,
mais qui ne sont qu’une part très infime de ma réelle
motivation : mon obsession éternelle de la punition et de
l’humiliation…
Le
repas passe, on couche les enfants. Je descends, l’attends en bas,
en lisant un peu, mais elle ne vient pas… Je finis par demander
doucement du bas de l’escalier ; « Tu ne viens pas ? »
— Non,
je bosse, j’ai plein de retard.
Merde.
Je
la rejoins dans le bureau, m’installe à mon ordi. Je bidouille. Je
n’ai pas envie de regarder de site de punitions, pas non plus de me
consacrer à mes autres passions totalement vanille. Au final, je me
retrouve à déranger Constance une fois de plus et à lui expliquer
où j’en suis. On discute gentiment, ma douce est toujours en train
de travailler à son bureau… À un moment, Constance lâche une
phrase importante, essentielle même, qui me frappe comme seule une
évidence peut le faire :
— Du
coup tu peux commencer par lui demander si elle a envie d’en parler
Bon
sang, oui. Je suis mal depuis ce matin mais toutes mes pensées
tournent autour de moi, MON malaise, MON fantasme, MON gadget… Et
elle ? Qu’est-ce qu’elle en a pensé ? Qu’est-ce qui
tourne dans sa tête ? Est-ce qu’elle a seulement envie d’en
parler ? C’est effectivement LA question que je dois poser.
Que ça me plaise ou non, je dois lui donner la priorité et si elle
ne veut rien savoir, je me dois d’être discret.
Merci
Constance, ton secours m’a été essentiel.
Je
vais faire le pain, ranger un peu la cuisine, puis je monte me mettre
en pyjama. Ma petite fourmi travailleuse en finit enfin avec son
travail, elle se prépare à aller se coucher, on se croise dans le
couloir, on s’embrasse, elle me donne des nouvelles de la voisine,
vraiment comme si de rien n’était. Elle va se coucher, je retourne
dans le bureau, dis au revoir à ma conseillère ;-) et éteins
l’ordinateur. Je n’ai aucune envie de me trouver une nouvelle
excuse pour ne pas aborder le sujet, ce serait trop facile.
Je
vais jusqu’à la chambre, et, sur le pas de la porte, à moitié
entré, à moitié dehors, prêt à fuir (je n’y ai pas pensé,
évidemment, mais en repensant à mon attitude, c’est
l’interprétation qui me vient naturellement), je pose enfin la
question :
— Est-ce
que tu veux savoir ce que c’était ce que tu as trouvé sur le
meuble ?
Silence
de quelques secondes.
— Tu
n’es pas obligée, si tu veux savoir je te le dis, sinon, c’est
quand tu veux, si tu veux…
— Eh
bien, ce sont tes jouets, tu fais ce que tu veux… Bien sûr, je
suis curieuse quand même…
J’abandonne
mon envie de fuir et aussi mon envie d’aller chercher la cage pour
la lui mettre sous les yeux, ce n’est pas une démonstration qu’il
nous faut, mais une discussion. Et un câlin. J’ai envie de la
prendre dans mes bras. Parce que peut-être que je vais la blesser,
peut-être que je vais la décevoir. Et ça, ça me peine au-delà
des mots, parce que je suis peut-être obligé de soulager mes
fantasmes sexuels en solitaire et en secret, mais je l’aime. Cette
femme, c’est l’amour de ma vie. Pour de vrai, de façon
indéfectible. Même quand on s’engueule, même quand on s’ignore,
ça ne peut pas durer longtemps, parce que je la regarde, là, dans
le lit et je sais que c’est elle mon âme-sœur, ma moitié, ma
vie.
Alors
je la prends dans mes bras et je me fais une raison :
— Je
ne veux pas te forcer, si tu ne veux pas savoir, je comprends, on en
parlera quand tu seras prête…
— Mais,
comme je t’ai dit, je suis curieuse…
Ah.
En fait elle veut savoir.
— Eh
bien, c’est un pénis en plastique, tu as vu…
— Oui.
C’est un masturbateur ?
Je
ne peux pas m’empêcher de rigoler.
— Non,
pas du tout.
— Mais
ça ne doit pas entrer en moi ??
— Non.
Absolument pas. C’est juste pour moi.
— Ouf !
Tant mieux, c’est beaucoup trop dur, je n’aurais pas voulu.
(Je
comprends ça !)
— En
fait, c’est le contraire complet d’un masturbateur : c’est
une cage de chasteté…
(Grand
silence)
Et
c’est parti. J’explique donc ma frustration sexuelle, car nous
n’avons pas les mêmes besoins en quantité de rapports sexuels.
Elle n’est pas surprise, nous en avons déjà parlé. Elle sait
déjà que je regarde du porno sur le net (elle m’a déjà capté
une paire de fois). Elle sait que je me masturbe, elle est juste un
peu étonné de la fréquence de la chose. Elle me demande comment je
faisais quand j’étais célibataire. Je lui dis que c’était
pareil et elle est rassurée de savoir que je n’allais pas « voir
les filles ». C’est la vérité, je ne l’ai jamais fait…
Et si je l’avais fait, je n’aurais demandé qu’à être fessé,
mais ça je ne le lui dis pas. Pas encore.
Je
lui explique donc qu’à force de surfer, j’ai vu cet objet et des
hommes qui le portaient. C’est la vérité vraie. Je ne pouvais pas
m’empêcher d’y revenir régulièrement et de me demander ce que
ça ferait d’en porter une. J’explique que j’ai longtemps
refoulé mon envie, c’était facile : l’objet était hors de
prix. Mais un jour les Chinois se sont mis à en fabriquer et ce
n’était pas plus cher qu’un CD, alors, je n’ai pas résisté :
j’en ai acheté une. Il me fallait m’empêcher de masturber, il
me fallait remplacer ma frustration par une autre encore plus grande
et, donc, j’ai acheté la cage et je l’ai essayée, alors que
nous étions dans une période de calme plat qui me rendait fou et
qu’en plus elle venait de m’annoncer qu’elle avait ses règles…
— Alors
j’ai eu les miennes, lui dis-je. J’ai mis la cage et je l’ai
gardée pendant une semaine, du lundi au vendredi.
Elle
n’en revenait pas de savoir que j’avais dormi à côté d’elle
dans cet attirail. Et également de savoir que je lui parlais de
quelque chose qui datait de plus d’un an : elle pensait que je
venais de l’acheter… Mais elle n’était pas choquée. Et elle
n’était pas désapprobatrice.
— Mon
pauvre chéri, obligé d’enfermer ton zizi…
Je
ne sais pas si elle me plaignait d’être dérangé, ou si elle me
plaignait de ne pas répondre à mes besoins de fréquence sexuelle…
Mais elle était sincère en tout cas, et je lui dis que ce n’était
pas grave, on est différent et je l’accepte très bien, mais ça
n’empêche que c’est difficile à vivre, donc la réalisation de
ce fantasme, c’était déjà « un mieux ».
— Mais
comment ça se passe concrètement, quand tu as une érection.
— Eh
bien, ça gonfle, mais c’est bloqué par le plastique.
— Mais
ça doit faire mal ?
— Ben
oui, ça fait un mal de chien et les deux premières nuits, on est
réveillé par une douleur intense qui finit par passer quand ça
revient au repos. Mais curieusement, dès la troisième nuit, c’est
le calme plat.
— “Il”
a appris…
— Oui,
on est « dressé »…
(Silence
quelques secondes, puis, très amusée, sur le ton de la
plaisanterie, comme une conclusion :)
— Et
tu te fouettes ?
— Oui.
Ma
réponse est sortie toute seule, naturelle, comme une évidence et
son silence est vraiment surpris, elle avait vraiment sorti ça comme
une bonne blague et ma réponse ouvre certainement un gouffre sous
ses pieds. Alors je continue et j’explique : mon besoin de
fessée, de punition, mes passages au coin, le fait que je le faisais
déjà dans mon enfance, ma différence, ma trouille d’être
anormal, le bonheur de l’avoir rencontré, d’être amoureux, de
croire que, parce qu’on allait habiter ensemble, je me
débarrasserais une fois pour toutes de mes penchants et vivrais une
sexualité « normale ». Et le fait qu’après un an et
demi, je n’ai pas pu m’empêcher, que le besoin était trop fort
et que quand elle partait au boulot, je me mettais de nouveau au
coin, me donnais de nouveau des fessées.
Et
elle écoute, elle découvre tout un pan de moi qu’elle ignorait,
mais elle ne me fuit pas, elle me câline, ma différence ne la gêne
pas. Elle est rassurée de savoir que je ne vais pas trop loin, qu’il
n’y a pas de sang, de piercings ou autres. Elle est rassurée de
savoir que je joue tout seul et qu’il n’y a pas de personnes
extérieures. Et donc je tais mes jeux virtuels et les punitions et
la soumission que je vis pour d’autres personnes, que je n’ai pas
rencontrées, certes, mais qui me punissent tout autant. Il me reste
donc un secret, un truc que je n’ai pas osé dire, mais déjà ce
qui est sorti est énorme. Je lui dis quand même que mon fantasme,
c’est la punition et la fessée et que même si j’avais rencontré
quelqu’un pour qu’il me la donne, ça n’aurait pas été un jeu
sexuel. Ça aurait forcément été un peu sexuel pour moi, puisque
ça rentre dans mon fantasme, mais en aucun cas il n’y aurait eu
d’autres actes que la fessée… Cette partie de ma « confession »
suscite un silence d’une qualité différente du reste, je la sens
réticente, plus tendue, la présence et l’action d’une tierce
personne, reste taboue. Je me souviens de sa crise de larmes quand je
faisais du théâtre, de sa peur que j’embrasse une autre fille
dans une pièce, même si elle savait que ç’aurait été pour le
jeu, pour le rôle, et qu’elle se serait forcée à l’accepter,
elle était malheureuse rien qu’à l’idée… Ça n’est jamais
arrivé. Mais je sais et comprends son aversion pour la participation
de quelqu’un d’autre. Donc, même par l’intermédiaire, je
passe sous silence cette partie de ma vie fantasmée. On y reviendra
plus tard. Je ne pourrai pas le taire toute ma vie.
Nous
avons donc parlé. Enfin. Beaucoup. Calmement, gentiment, avec
simplicité et beaucoup d’amour, dans les bras l’un de l’autre.
J’ai pu enfin dire mes envies et mes angoisses, mes besoins de
fesses rouges et d’humiliation. J’ai pu lui glisser que, par
exemple, je faisais assez souvent le ménage tout nu, en prétendant
que c’était elle qui me l’avait ordonné. J’ai souligné mes
contradictions : comment je lui résiste quand elle veut me
faire faire quelque chose, comment je refuse de faire le repassage,
alors que je rêve qu’elle m’en donne l’ordre et qu’elle me
fesse et m’envoie au coin si je n’obéis pas. J’ai décrit mes
fantasmes et mes faiblesses chaque fois que je tombe sur des objets
plats et souples, comme une règle ou une ceinture, objets qui
deviennent instantanément des instruments de punition…
On
enchaîne sur l’image de la fessée dans les séries ou les films,
on parle du ridicule (le mot revient souvent dans ma bouche et je lui
dis que ça fait également partie du fantasme), on parle des
réactions de la plupart des gens dès qu’on prononce le mot
« fouetter » : ça part en délire sur les femmes
qui dominent et les hommes qui reçoivent, preuve que le fantasme est
très présent chez beaucoup de gens et qu’il est plutôt refoulé.
Je lui dis que quand une scène de ce genre passe dans une série ou
un film, je suis absolument tétanisé et que je guette ses
réactions. Que souvent, je l’ai vu soit atterrée devant ces
scènes ou alors hilare et que, du coup, j’avais cru que, quelque
part, ça ne la laissait pas indifférente. Elle me confie qu’elle
a reçu le martinet quand elle était petite, qu’il était baptisé
« Philibert » et qu’elle en avait une peur bleue.
Qu’elle n’était pas une enfant « battue », mais que
la menace du martinet existait chez elle et qu’elle était mise à exécution.
Pour elle, ce que je lui décris, mes envies, ma fascination, c’est étonnant, mais
« tous les goûts sont dans la nature, il n’existe pas de
sexualité “normale” », dit-elle.
Je
suis émerveillé par sa réaction, sa tolérance, son ouverture. Je
suis pleinement en confiance, je l’aime encore plus et m’en veux
de ne pas lui avoir fait confiance plus tôt. Encore que, lorsque
j’évoque notre « mise en ménage » et suggère que
j’aurais peut-être dû jouer cartes sur table et lui avouer mon
masochisme à l’époque, elle me remercie de ne pas l’avoir fait
« avec mon inexpérience en matière de sexe, je me serais
sûrement enfuie en courant ». Elle évacue une partie de ma
culpabilité de cette simple phrase, je me sens tellement mieux…
Je
lui dis que je n’ai jamais été fessé dans mon enfance. À part
peut-être une ou deux scènes assez horribles où l’exaspération
de mon père allait jusque-là. Mais je doute que ça aurait changé
quelque chose, puisque j’ai quand même continué à aller au coin
et à me fesser moi-même dès que mes parents me laissaient seuls à
la maison pour faire des courses.
Pas
moyen de savoir si j’aurais été “vacciné” de mes tendances
si mes parents avaient utilisé un martinet… J’en profite pour
lui dire que j’en ai un… Elle est aussi étonnée qu’amusée et
me demande si j’ai beaucoup de « jouets »… Je lui dis
que j’en ai pas mal, mais principalement des objets « de
ménage »… Je n’ai pas parlé des godes ou du paillasson.
Je lui dis que j’ai encore des secrets, mais elle agite un drapeau
blanc : il vaut mieux que j’en reste là. Je suis d’accord
avec elle, ce que j’ai à avouer de plus ne sont de toutes façons
que des variantes sur ce thème principal…
Elle
me met à l’aise, elle me rend heureux, un poids incroyablement
énorme me quitte et, de fil en aiguille, à tenir dans mes bras la
femme que j’aime et, aussi, il faut bien le dire, à évoquer
longuement fessées, cage et punitions, mon sexe est érigé contre
sa jambe et, tout en discutant, sa main descend dans mon pyjama et me
malaxe les fesses et notre besoin de parler s’estompe et laisse
place au besoin d’agir… Et nous faisons l’amour, intensément.
Moi qui ai parfois des problèmes d’éjaculation précoce, surtout
après une longue période sans sexe, je suis complètement d’aplomb
et nous faisons l’amour merveilleusement pendant plus d’une
heure, ce qui n’est pas arrivé depuis des lustres. C’est
étrange, car on passe par des moments d’intense plaisir et
d’autres phases où, tout en continuant nos ébats, nous discutons
tranquillement, ajoutant un autre exemple, parlant d’un autre
moment dans nos 17 ans de vie commune où le fantasme a approché de
la surface. Je lui rappelle qu’elle m’a surpris une fois à
copier des lignes, elle s’en souvient soudain, mais elle ne se
souvient pas que je le faisais pour « un copain du net »,
sinon j’aurais pu engager légèrement la conversation sur les
punitions virtuelles… On passe à autre chose.
À
un moment, elle me flanque une claque sur les fesses, et elle
glousse, surprise par le bruit et gênée par son audace, tout
en continuant à aller et venir, je m’en amuse et l’encourage à
continuer d’essayer.
— Vas-y,
fais ton expérience… Et si tu veux, si tu es curieuse, teste-moi à
d’autres moments. Je t’assure que si tu me dis « Va au
coin », j’aurais des papillons dans l’estomac et je
t’obéirai : tu sauras bien si ça t’amuse aussi ou non.
L’idée
l’amuse en effet, mais pas forcément dans le sens où elle aurait
envie d’essayer. Mais je m’en fiche : je sais bien que cette
longue liste d’aveux ne va pas la transformer en dominatrice. Tout
de même, maintenant qu’elle sait, rien ne m’empêche de lui
faire des suggestions, peut-être qu’elle finira par apprécier…
Tout à l’heure, quand je parlais de la cage, je lui ai glissé
qu’elle pouvait participer à mon fantasme sans difficultés :
il lui suffirait d’accepter la clé et de décider elle-même du
moment où je serais libéré… J’ai bien vu que la proposition
l’amusait sans la tenter. Ce n’est pas encore quelque chose
d’envisageable pour elle. Mais maintenant qu’elle sait, je sais
que je le lui reproposerai de temps en temps… Ou peut-être que je
la pousserai à y penser, par surprise ? J’ai déjà des
idées…
Un
peu plus tard dans notre longue séance d’ébats, elle fait une
deuxième tentative et me claque les deux fesses des deux mains…
Immédiatement, elle rit de cette hardiesse et me demande si c’est
le bruit qui me fait de l’effet…
— Le
bruit, bien sûr, mais la douleur surtout… Là ce que tu m’as
fait, c’était rigolo, mais je ne ressens rien du tout, il faudra
taper plus fort…
— Ah
oui, quand même… (je sens bien qu’elle est dubitative, c’est
une chose de l’avoir entendu dire, c’en est une autre de
constater que c’est vrai, que je me laisse faire si elle me frappe,
que je m’en réjouis et que je voudrais qu’elle le fasse plus
fort… Elle ajoute alors une phrase qui me tord l’estomac, parce
qu’elle laisse penser qu’elle imagine pouvoir le faire :)
Mais je vais avoir mal à la main…
— Alors
tu prendras une pantoufle… (Je la sens amusée) Ou une raquette de
jokari (elle murmure « oh non »). Une brosse de bains…
Une brosse à cheveux…
Cette
dernière image lui rappelle une scène d’Ally McBeal où Peter
MacNicol fesse Portia de Rossi avec sa brosse. Nous parlons de
nouveau légèrement, tandis que nous continuons nos mouvements. Puis
c’est le silence et un moment d’intense plaisir.
Elle
s’étonne de me trouver très léger. C’est incroyable, car
effectivement, je me sens tellement soulagé moralement, bon sang 40
ans de fantasmes solitaires et j’ai tout dit à la femme que j’aime
et qui était complètement étrangère à ces notions, et elle ne
s’enfuit pas et elle continue à m’aimer et ça ne la dérange
pas de savoir que pendant qu’elle travaille je peux me retrouver au
coin les fesses toutes rouges ! Je vis un moment de bonheur
intense, un soulagement infini et, c’est vrai, ça se traduit
physiquement : je suis ce soir un amant formidable, léger,
attentif, passionné… Je la sens jouir plusieurs fois et pourtant
après plus d’une heure, je n’ai pas pu jouir moi-même… Nous
sommes en sueur et je la sens fatiguée. Je lui propose d’arrêter,
pour qu’elle puisse dormir, car elle se lève pour bosser demain,
mais elle se sent coupable :
— Mais
toi, tu n’es pas allé au bout. Tu vas être frustré. Tu peux
finir tout seul à la main ? Ça ne te fera pas mal au cœur ?
Mon
amour. Tu penses à moi. Mais je ne suis pas malheureux ce soir, je
suis au comble du bonheur, mes pires peurs ont disparu. Non, ça ne
me dérange pas de ne pas aller au bout, j’ai pris plus de plaisir
que je n’en ai eu depuis des mois et, en plus, je suis dans un état
de sérénité morale incroyable. Je t’aime.
Elle
s’endort dans mes bras et je reste éveillé une ou deux heures à
tourner dans ma tête tout ce qui vient de se passer, et aussi, bien
évidemment, plein de nouveaux fantasmes sur ce qui va se passer
ensuite, je ne débande pas un instant durant ces deux heures et le
sommeil me prend enfin brutalement, tandis que je suis collé au
corps chaud et endormi de ma chérie, la verge tendue et des rêves
heureux tout autour de nous…
ce que je viens de lire me rend heureux, mais pas heureux pour moi, heureux pour toi parce que tu es libre maintenant. Tu as eut beaucoup de courage, oui vraiment beaucoup.... Tu as une femme formidable ! Je ne sais ce que j'aurais fait à ta place et je ne sais pas plus ce qui en sera si un jour ma femme s’aperçoit de quelque chose. Tu vois, ce que tu viens de raconter me fait du bien, parce qu'au moins une fois dans ma vie, j'aurais un témoignage positif d'un homme qui a clandestinement vécu son fantasme pendant de nombreuses années et qui n'a pas été jeté au bûcher par sa compagne après lui avoir révélé ses pulsions. Je te souhaite tous le bonheur du monde.
RépondreSupprimerMerci beaucoup Mike pour ce mot si gentil... C'est amusant comme nos blogs nous apporte mutuellement ce qui nous manque... J'ai découvert grâce au tien toutes les aventures réelles que je n'ai jamais vécues et je m'aperçois que je viens de t'offrir aussi quelque chose. Cela me fait plaisir...
SupprimerTu sais, j'ai vécu dans le secret et la peur d'être découvert si longtemps que je suis toujours sur un petit nuage que ça se soit passé avec tant de facilité et de tendresse... Et pour le courage... Hem... Je n'avais plus vraiment le choix et tu aurais dû voir la journée misérable que j'ai passée à me décider !!
Ensuite, le reste, je le dois à ma femme et à son écoute tolérante... Si elle n'avait pas réagi avec tant de simplicité et de compréhension à mon début d'explication, je n'aurais pas déroulé ainsi l'écheveau de mes obsessions... Je te rejoins tout à fait sur un point : elle est formidable...
Ah ben je suis bien contente d'avoir été limite casse couilles hier après midi, moi. Et je suis encore plus fière que la fois où une de mes petites a été envoyée au tableau avec les félicitations de sa prof rapport à un commentaire de Baudelaire qu'elle avait fait avec moi.
RépondreSupprimerBon, en vrai, j'ai pas fait grand chose, et tout le mérite te revient d'avoir enfin osé. Et ta femme est géniale.
Bisouuuuuuuuuuuus!!!
Constance
Ha ha... Un pur commentaire "made in Constancia"... Genre je passe la journée à baliser en direct, à lui dire que je n'ose pas y aller, que j'ai peur de résultat, que promis dans 5 minutes je me lance, que non tout compte fait dans un petit moment ce sera mieux, etc. Et c'est elle la "casse-couilles"...
SupprimerOn aura tout vu...
Mais bon. Je m'en fiche, j'ai déjà dit dans le texte tout le bien que je pensais de toi, alors tu peux faire la casse-c.. en commentaire, pas de souci !!! :-P
Woaww... Tout vient à point à qui sait attendre. Combien de fois ce sujet a t'il été évoqué? Acte manqué, mais quel résultat avec ta douce, vous êtes juste fait pour vous entendre. Tout simplement heureuse pour toi MLK
RépondreSupprimerMerci à toi aussi pour tant d'années de discussions et d'encouragements aussi... Et je ne parle même pas de Madame Dizzy, à qui je dois pas mal de frissons...
SupprimerBonsoir mlk,
RépondreSupprimerEt dire que j'ai mis tout ce temps avant de venir lire ce texte.... Quel idiot je suis!
C'est l'un des plus beaux et plus émouvants textes que j'ai pu lire ces dernières années (et je suis sincère). Quelle déclaration d'amour !
Tu as de la chance, mlk. Profite à fond de cette liberté et des perspectives qu'elle ouvre.
Je suis très heureux pour toi.
Amicalement,
Marc
Merci pour ton message, Marc... Ton silence m'avait déçu, mais ton commentaire m'a donné le sourire ;)
SupprimerAlors là bien plus a la bourre que Marc ... SU-PER anniversaire de un an et y a plus d'un mois à la belle nouvelle !
RépondreSupprimerMerci beaucoup Elie... C'est une bonne nouvelle qui a évolué vers le mieux, avec des hauts et des bas, mais plus de hauts que de bas. On a beaucoup de plaisir et je suis puni "en live" maintenant, ce qui est tellement plus intense que "via le net en cachette"... Bref, j'ai un bol de ouf ! ;)
SupprimerC'est touchant.
RépondreSupprimerJ'ai lu trop peu de vos pages pour savoir si ce que vous décrivez est vrai, où vous en êtes de vos relations avec cette compagne… Du moins reconnaît-on le doigté et la compassion du beau sexe, ce sexe qui, selon Fontenelle, nous prouve que le sexe fort ne mérite pas son nom.
Mesdames et Mesdemoiselles, merci d'être ce que vous êtes (pas toujours pour notre profit, hélas !)
Salut, ô inconnu... Et bien lisez-en donc plus des pages, vous pourrez constater que c'est on ne peut plus vrai... Je distingue les fantasmes de la réalité, avec d'autant plus de plaisir quand celle-ci rejoint celui-là...
SupprimerQuant à savoir "où j'en suis de mes relations avec cette compagne" (en passant sous silence la tournure légèrement méprisante, même si c'est involontaire) et bien j'en suis à 19 ans de vie commune, trois enfants magnifiques et toujours beaucoup d'amour, ponstué maintenant, de-ci, de-là, selon ses envies, par quelques jolis claquements sur mes fesses, des passages au coin et quelques moments surréalistes, genre "les problèmes du quotidien... aujourd'hui, la cage de chasteté rouille, laquelle choisir pour la remplacer"...
J'adore...