Ce qui suit est une rédaction écrite en punition, donnée par Constance et Simon. En voici la version dactylographiée, de nouveau en punition (j'ai pas de bol)...
Le souvenir est réel et vient de mon enfance, la fessée est imaginaire et vient de mes fantasmes...
Souvenir
d'enfance.
Un soir
d’hiver, dans la quiétude familiale. Je me souviens des éclairages chaleureux,
ma mère adorait allumer appliques et lampes de table disséminées dans les
pièces plutôt que le lustre central. J'ai le souvenir d'une fin d'après-midi
comme tant d'autres, les trois enfants déjà en pyjama et peignoir (le mien
était vert), maman en train de faire la cuisine et mon père, juste rentré du
travail, donc après dix-huit heures, tentant vaillamment de regarder une quelconque
bêtise à la télévision (qui, déjà, en diffusait à profusion), mais perdant la
partie et s'endormant dans le fauteuil, comme tous les soirs, pendant quinze,
vingt minutes, rarement plus.
Comme
tous les soirs, nous jouons. Moi moins que les autres, ce soir, car je n'ai pas
le cœur à m'amuser, De l'amusement, j'en ai déjà eu plus tôt, quand j'ai vidé
la boîte à bijoux de ma mère, qui ne contenait que quelques colifichets à la
valeur surtout sentimentale, J'en ai eu quand j'ai rempli la boîte de joujoux
en plastique, quand je l'ai cachée pour en faire mon trésor, quand je l'ai
redécouverte ensuite, après une grande aventure comme seuls des pirates
aguerris peuvent vivre, Oui, j'en ai eu de l'amusement... Jusqu'au moment où la
boîte est tombée et où j'ai découvert les débris du miroir intérieur recouvrant
mes jouets. A l'amusement a alors succédé l'horreur, la panique, le sens
exacerbé du fatum s'abattant sur ma tête d'aîné de dix ans, de petit garçon
chéri, d'exemple de la fratrie. J'ai vite évacué mes possessions et caché de nouveau la boîte, avec ses éclats de miroir, Et puis j'ai attendu avec la
confiance du criminel qui a dissimulé les preuves, mais aussi la triste
certitude du coupable qui sait que son crime ne restera pas impuni,
Le temps
passe, inexorable ; mon père se réveille de sa sieste impromptue en
faisant semblant, comme d'habitude, de n'avoir jamais perdu conscience de ce
qui l'entoure. Ma mère met la touche finale au repas et fait le tour de la
maisonnée pour inciter ses ouailles à descendre manger. Passant dans sa
chambre, elle remarque le petit tas de verroteries sur la commode et s'enquiert
de la destinée de la boîte qui les contenait.
Damnation !
Dans ma naïveté, j'ai caché le contenant, sans envisager un instant que le
contenu me dénoncerait aussi promptement !
Tout le
monde, y compris moi, ignore où se trouve la boîte. Personne, évidemment, n'y a
touché, ce qui n'est pas vraiment une bonne façon de procéder, car rien
n'énerve autant les adultes que la propension des objets à disparaître de leur
propre fait, sur leurs petites pattes velues.
Ton qui
durcit, voix qui gronde, voix qui grondent, quand celle du père vient s'ajouter
puis se substituer à celle de la mère. L'ambiance est à l'orage, tout le monde
baisse la tête, personne n'a rien fait, mais tout le monde se sent coupable.
Quant au coupable, il a, à la fois, une tonne d'acier à la place du cœur, qui
lui descend dans les entrailles, et l'impression d'être transparent et sourd.
Aucun reproche ne peut l'atteindre, il n'est même plus là.
Tandis
que le père gronde, tempête et éructe, la mère entreprend une fouille en règle
et ne tarde pas à mettre la main sur le coffret brisé. Aussi retors puisse être
le pirate dissimulant son forfait, il est impuissant devant les pouvoirs
surnaturels de sa propre mère. L’engueulade évolue subtilement, on passe de « où
est la boîte » à « qui d’entre vous a joué avec ce qui ne lui
appartient pas, l’a cassé, l’a dissimulé et n’a pas le courage d’avouer sa
faute ? »
Mes
affaires ne s’arrangent pas, mais le pire est à venir…
Mon père
annonce son verdict : maman et lui vont manger, nous trois nous restons
dans le salon et nous ne serons autorisés à les rejoindre à la cuisine que
quand le coupable se dénoncera. Tant pis si c’est froid, tant pis si le repas
est fini…
On reste
tous les trois. Je dis à ma plus jeune sœur d’avouer que c’est elle. Elle
pleure. Elle a quatre ans, la cadette six, ce qui me met à dix ans. C’est
peut-être trois, cinq et neuf, je ne sais plus. En tout cas, elle est assez
grande pour savoir que c’est mal de dire que c’est elle la coupable quand elle
ne l’est pas. Je ne me souviens plus de ce que peut dire ma cadette, mais je me
souviens que je fais le forcing auprès de la benjamine. En commençant par des arguments comme « Peut-être
que tu ne l’as pas fait exprès et que tu as oublié que tu l’avais mis là »
et en finissant par « Dis que c’est toi, tu es la plus petite, ils ne vont
rien te dire. » Elle pleure beaucoup, mais elle finit par céder.
Nous
retournons tous les trois dans la cuisine, elle réussit à dire sans pleurer que
c’est elle qui a cassé et caché la boîte. Mes parents sont effarés, mon père
commence à la gronder, elle résiste un moment et soudain, elle fond de nouveau
en larmes, un chagrin dévastateur, immense, incontrôlable. Elle vagit, elle se
liquéfie, elle ne peut pas articuler un mot. Autour d’elle tout le monde se
tait, comme devant un accident mortel. Puis mon père se ressaisit, sa grosse
voix se fait de nouveau entendre, mais il n’a pas dit trois mots que je me mets
à table. Pas pour manger : tout
refroidit dans nos assiettes, mais dans le sens figuré… Je me mets à pleurer et
j’avoue tout : la sottise de jouer avec un objet qui ne m’appartient pas,
la bêtise du miroir cassé, l’idiotie de la boîte cachée. Et surtout, je demande
pardon, pardon à ma sœur : je suis malheureux et horrifié par son chagrin.
Je me sens responsable, je suis responsable de sa tristesse, je me sens mal et sale. En moins d’une heure,
j’ai volé un objet auquel ma mère tenait, je l’ai cassé, j’ai dissimulé mon
crime, j’ai menti par omission, puis j’ai racketté ma sœur pour qu’elle avoue
mon crime et j’ai menti pour de vrai, par sa voix. Pas mal pour le petit garçon
sage, gentil et intelligent que tous reconnaissaient en moi habituellement.
J’ai l’impression
que je vais être détesté par toute la famille.
Un grand
silence s’abat sur la cuisine, entrecoupé seulement par les reniflements de la
petite. Le visage de mon père se ferme. Puis il prend la parole. Jusqu’à
présent, dit-il, toutes les relations de la famille passaient par la confiance
et la raison, nous avions le plus souvent respecté les règles et quand nous ne
l’avions pas fait, nous en avions accepté les conséquences. Nos punitions
consistaient à être privés de certains jeux ou à devoir rester dans nos
chambres. Il me demande si j’ai conscience que ce que j’ai fait est bien plus
grave, pas la sottise initiale, qui n’était pas bien grande et qui aurait pu se
régler de cette façon justement, mais la dissimulation, le mensonge, la
coercition envers ma petite sœur… Il n’emploie sûrement pas ce mot, mais je
comprends le message, je le comprends si bien que j’acquiesce, je suis d’accord
avec lui : le poids de ma culpabilité est énorme et je ne sais comment
faire pour le dissiper. Il résout le problème en me disant que je vais subir
une punition exemplaire et inédite dans la maison. Mon comportement a été
incroyablement stupide, mesquin et même méchant et je vais m’en repentir « dans
la tête et dans le corps », là, ce sont ses mots. Et ce qui sort de sa
bouche ensuite arrête le temps pour toute la famille.
« Tu
vas commencer par recevoir une fessée dont tu vas te souvenir… »
Une
fessée ! Depuis tout petit on entend ce mot dans la bouche des autres, on
l’a même entendu en menace de la part de maman, sans jamais qu’il connaisse de
suite. Mais là, il ne fait aucun doute que je ne vais pas y couper. Il m’ordonne
d’une voix implacable de m’approcher et, subjugué, j’avance vers lui sans
réfléchir, comme si mon corps agissait de son propre chef. Il ôte la ceinture
de mon peignoir, enlève celui-ci et, quelques secondes plus tard mon pantalon
de pyjama est sur mes chevilles. Mon incrédulité est totale : je suis cul
nu devant mes sœurs, moi qui me cache pudiquement depuis des années et
dissimule ma nudité même à ma mère depuis mon entrée à la primaire, si on
excepte les moments d’urgence où la fièvre nécessite les bons soins du
thermomètre. Je n’ai pas le temps de réagir et de m’insurger : au moment
où j’ouvre la bouche pour protester vigoureusement, je bascule brutalement sur
ses genoux et sa main commence à s’abattre violemment sur mes fesses. Il ne
fesse pas dans l’énervement, mais il est méthodique, sa main couvrant à chaque
claque la moitié de mon postérieur, il rougit chaque centimètre carré de
celui-ci en quelques coups. Elle monte, descend, passe à droite, à gauche, sur
le haut, puis le bas du cul, jusqu’à marquer le haut des cuisses. Elle claque,
rougit, enflamme, punit…
Dès le
premier coup, je me suis mis à hurler, cris de douleur et de frustration, cris
de libération peut-être, mais assez vite, le volume de ma voix a baissé et
seuls des gémissements mêlés de pleurs s’élèvent après chaque claquée de la
main. La fessée sonne régulièrement, lentement, inéluctablement, résonnant aux
oreilles de mes sœurs comme un solennel et menaçant avertissement sur ce qui
arrive aux voleurs, aux menteurs, aux malhonnêtes. Mon auréole de grand frère
parfait est tombée et je ne suis plus que le sale gamin aux fesses écarlates et
aux joues humides qui subit avec désespoir la punition que sa conduite a
déterminée.
La fessée
cesse enfin et je suis remis sur mon pied par mon père qui me fait un nouveau
sermon sur la rédemption et le comportement exemplaire qu’il espère être de
nouveau le mien. Mes fesses rougeoyantes irradient une chaleur douloureuse et
je ne me soucie plus une seconde d’être à demi nu devant toute la famille, mon
pantalon de pyjama ayant été éjecté au cours de la correction. Mon père me
saisit enfin par l’oreille et, me guidant comme une marionnette, il me dirige
vers le mur, me positionne dans le coin et m’ordonne de mettre les mains sur la
tête. Après le châtiment physique vient le moment interminable où je vais
devoir réfléchir à mon comportement, tout en mourant de honte d’être exposé les
fesses à l’air pendant que toute la famille prend son repas.
C’est
bien ce qui se passe et je reste ainsi, humilié, contrit et repentant jusqu’à
ce que mes sœurs soient au lit et la table débarrassée. Alors, mon père m’appelle
doucement et je le rejoins à la table de la cuisine, tête basse. Ma mère me
tend mon pantalon de pyjama que j’enfile silencieusement. J’ai le droit à un
dernier discours sur ce qu’on attend de moi et une promesse de vivre de nouveau
ce genre de punitions autant de fois que nécessaire (ce dont j’aurai hélas
confirmation par la suite). Je suis ensuite officiellement pardonné. Ma mère me
donne une assiette où se trouve mon repas à demi-froid et je l’avale tristement
juché douloureusement sur la chaise dont je n’avais jamais remarqué le cruel
inconfort. Ensuite, on m’envoie au lit, où j’irai m’endormir, sur le ventre,
évidemment, encore malheureux de ma sottise, mais lavé de ma culpabilité.
Bien beau récit que voilà !
RépondreSupprimerEt surtout quelle chance d'être puni par Constance et Simon, mais pourquoi donc ? J'espère qu'ils ne punissent pas tous les lecteurs-écrivains du blog !!!
Et pas de faute, enfin ... 1 seule ... pas si grave.
H Petiot
Tsss. Tu me donnes des sueurs froides, Hervé. J'ai relu et corrigé la faute, avant que Monsieur le Superviseur me chope...
RépondreSupprimerSinon, si, Constance et Simon punissent tous les écrivains du blog : moi ! :-P
(Et bon, ils n'en font pas une habitude, je suis si sage...)
Mais non, on n'en fait pas une habitude, on le sait seulement quand il y en a un qui le mérite. Mais après, le superviseur regarde aussi, et même si les corrections ont été faites, il en tiendra compte, histoire qu'on ne soit pas seuls à s'occuper de lui (d'autant plus que Constance n'a justement pas que Mlk à surveiller).
RépondreSupprimerTrès joliment écrit ton souvenir d'enfance "arrangé" je ne regrette pas de t'avoir fait éccopé de cette punition (enfin si c'est bien la rédation que tu as eu à faire en consséquence de tes moquerie sur mon pseudo ;b), ça cultive ton talent d'écrivain ces petits remises au pas de Constance et Simon.
RépondreSupprimerEt je suis pour cette politique du "MLK seul puni"!
Oui c'est celle-là...
SupprimerJe n'ai pas dû la faire pour cette occasion, j'ai dû la recopier... Mais comme je ne sais rien faire simplement, je n'ai recopié que le début et j'ai ré-inventé la fin. Sans prévenir bien sûr, d'où le passage au coin final, inattendu (je pourrais même dire inespéré)...
Ah zut, le passage au coin, c'est seulement dans le blog privé... M'enfin, tu l'as vu, James...
Euh, ça veut dire quoi "Et je suis pour cette politique du "MLK seul puni"! "
SupprimerTrouillard, va !...
Trouillard peut être mais loin du coin. Et puis c'est toi le responsable du blog c'est normale que ce soit toi qui essuie les plâtres non? Un peu comme quand à l'école la maitresse désignait un responsable de classe qui endossait la responsabilité du comportement de la classe en son absence...
RépondreSupprimerGenre, tu fais le malin dans les commentaires, juste pour me voir puni ?
SupprimerJe suis sensé te dire merci ou t'en coller une ?
Cruel dilemme, voilà toute la difficulté posé par la schizophrénie du punition addict...
RépondreSupprimerOk... Dilemme résolu, prends ça :
Supprimerhttp://www.jeuxpourlafamille.com/547,jeux,gratuit.html
Bon, c'était peut-être un peu trop violent... A la place, je t'envoie là :
Supprimerhttp://wti.to/b63
Ahahaha Ok, c'était vicieux mais tu gagne cette manche. Ceci dit tu noteras que personne ne s'est élevé contre ma proposition du "seul MLK puni"....
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