Autres temps, autres mœurs, les enfants jouaient dehors à l'époque. Beaucoup plus que maintenant. Moins de voitures, moins de dingues, moins de risques. Ce n'était pas un événement hors du commun : dès qu'un rayon de soleil pointait, il suffisait de crier "m'man ! Je vais jouer dehors" et hop, c'était parti. J'habitais au deuxième étage, j'étais sensé jouer devant l'immeuble, pour que ma mère puisse jeter un coup d'œil par la fenêtre de temps en temps. La règle était assez souple, cependant...
Tout le long de la barre d'immeuble courait la route. Au delà, un espace vert. De l'autre côté, la rue revenait, formant un U autour de l'espace vert. Ensuite une deuxième barre. De temps en temps on jouait avec des enfants de "l'autre barre", on ne savait pas où ils habitaient vraiment...
Sur le petit côté du U, on trouvait une tour. Immeuble impressionnant car beaucoup plus haut que les deux barres. Combien d'étages ? 12 ? 15 peut-être... Certainement pas plus, mais pour nous, c'était l'équivalent d'un gratte-ciel. Ça ne nous venait pas à l'esprit d'aller explorer "l'autre barre", mais la tour, si... Pas souvent, parce que c'était "hors-limite", pour moi et ma mère pouvait s'inquiéter de ne pas me voir par la fenêtre, mais il est parfois difficile de résister au parfum de l'aventure...
Ce jour-là, je jouais avec Jean-Michel, le garçon de la concierge, un grand d'au moins 8 ans et sa petite sœur, plus jeune que moi de quelques mois. On ne jouait pas, d'ordinaire, avec les filles, ça ne s'envisageait même pas : même nos classes n'étaient pas encore mixtes, mais on n'avait pas le choix, puisqu'il devait s'en occuper...Sur sa proposition, on était allé jouer dans la tour, bien entendu.... On avait exploré un peu les caves, des couloirs de béton avec des ouvertures sur des pièces nues fermées par des "portes" en bois brut ajouré. Pour essayer d'imager la chose, on aurait dit des palettes sur des gonds, fermés par des cadenas... Justement, ce jour-là, on n'avait trouvé aucun cadenas ouvert et donc on n'avait pas pu aller fouiller dans les cochonneries que les gens stockaient en général dans les sous-sol...
On avait donc remonté les escaliers et on s'était arrêtés entre deux étages. Les escaliers étaient un endroit idéal pour jouer dans ce genre de tour : personne ne les prend jamais car on leur préfère l'ascenseur. De plus, l'après-midi, en semaine, on aurait pu se croire dans une ville-fantôme : les papas étaient au travail, les mamans au foyer... Et nous trois, seuls au monde, dans les escaliers de la tour... Vu qu'on avait une fille avec nous, on s'est mis à jouer au papa et à la maman. Jean-Michel était forcément le papa, vu son âge et Sylvie, la petite sœur, la maman. Il ne me restait plus que le rôle du petit garçon à tenir... Le jeu consistait en une fidèle reproduction de ce qu'on connaissait : le papa s'en allait au travail, la maman faisait la cuisine et le petit garçon allait à l'école... En fait, Jean-Michel s'en allait en exploration de son côté, moi du mien et on abandonnait la petite sœur dans l'escalier...
Au bout d'un moment, on revenait, on faisait semblant de manger en se décrivant ce qu'on avait vu (pas grand chose, je suppose, dans un immeuble !) Et puis on repartait...
Au deuxième ou troisième retour, je revins "à la maison" bien après Jean-Michel et il m'accueillit en me grondant vertement.
"C'est à cette heure-ci que tu rentres ? Où est-ce que tu as été traîné ? Encore avec tes copains, ces voyous..."
Cueilli par surprise par sa colère bien jouée, je n'en menais pas large et quand il conclut par un "Viens ici, je vais te donner ce que tu mérites", je m'approchais, abasourdi... Il défit les boutons de ma culotte courte et la descendis sur mes chevilles, puis mon slip suivit le même chemin. J'étais hébété, contrit, déculotté devant la petite qui rigolait de me voir ainsi, ravie de ce qu'elle savait devoir suivre.
J'étais vraiment honteux de me trouver zizi à l'air, moi qui m'enfermais dans la salle de bains depuis que je savais me laver tout seul pour que ma mère ne me voie pas tout nu !
Jean-Michel me coucha sur ses genoux et commença à me donner la fessée. Ça claquait et résonnait dans les escaliers et ça faisait drôlement mal, parce qu'il ne faisait pas semblant. Je me pris une belle raclée devant la petite sœur et quand il arrêta, je pleurais un peu. Il me releva, me reculotta lui-même et me sermonna comme le papa qu'il jouait en me demandant de promettre de ne plus recommencer.
Reniflant, je promis, puis il me dit de passer à table... On reprit notre jeu comme si de rien n'était, assis sur les marches à faire semblant de manger, mais ça ne dura pas. Il décida qu'il était l'heure de rentrer et on quitta la tour pour regagner nos vrais appartements.
J'avais le derrière brûlant et, en rentrant, j'ai filé dans ma chambre sans un mot pour ma mère, comme si j'avais peur qu'elle pût voir mes fesses rouges à travers la culotte !
Je pourrais prendre ce point de départ pour laisser aller mon imagination, je pourrais ajouter que Jean-Michel m'a mis au coin dans cet escalier d'immeuble ou que nous nous sommes revus régulièrement pour jouer au papa fâché, fiston puni, mais non, aujourd'hui ce n'est qu'un souvenir, le plus précis possible, de ma première fessée ludique, pour de vrai... Nous n'avons plus jamais joué ensemble ensuite et je n'ai pas tardé à déménager...
J'ai deux autres souvenirs de vraies fessées pour jouer, mais pas tout le même jour ;-)

cela sent le vécu pour le "papa" ...
RépondreSupprimerOui, je pense que lui et sa soeur étaient des abonnés à la fessée... Les pauvres...
RépondreSupprimerCela dit, si de la donner lui a fait autant d'effet qu'à moi qui l'ai reçu, il est peut-être maintenant fétichiste, lui aussi !
Jean-Michel, si tu as fessé un copain dans l'escalier d'un immeuble de Maubeuge il y a quarante ans et que tu lis ceci, fais-toi connaître. (Même message pour la petite soeur ;-) )
Qui sait ?
RépondreSupprimer