Monsieur le Superviseur ne passe pas souvent. Mais quand il passe, il
supervise... Dans le petit articulet sur La Fessée Illustrée, il a détecté
qu'il manquait un accent circonflexe sur le "i" de "il
reconnaît" et que j'avais écrit "
Le fessée illustrée"...
Purée, vous pouviez pas me le signaler, bande de lecteurs ingrats !! Cela
m'aurait évité de me trouver une fois de plus en mauvaise posture !!!
50 coups de cuillère en bois pour
un accent circonflexe,
l'accent est mis sur la qualité de
l'orthographe...
J'aurais pu ruer dans les brancards et argumenter que cet accent
n'était même plus obligatoire depuis la réforme orthographique de 1990, mais je
me suis juste contenté de le lui faire remarquer... Si vous vous souvenez du
titre de mon avant-dernier post, j'aurais, en effet, mauvaise grâce à venir
contester une punition pour une fois que quelqu'un daigne contribuer à mes
fantasmes tout en corrigeant de manière réelle un de mes défauts... (Ici, la
relecture.)
50 coups de martinet pour une
coquille malheureuse.
Ça paraît (vous avez vu le circonflexe ?) cher payé pour ce qui n'est
même pas une faute d'orthographe, mais c'est le prix de la perfection après
tout... Ne méritez-vous pas le meilleur de moi-même chers lecteurs et amis ?
(D'ailleurs, vous l'avez, c'est apparemment de mon fessier que je devrais être
le plus fier... Pourquoi alors est-ce que je continue d'éprouver autant de
honte que d'excitation à devoir l'exhiber pour me corriger ?)
30 minutes au coin pour réfléchir
à mes erreurs
Et une fois de plus, j'ai pu constater combien ça m'ennuyait de perdre mon
temps le nez au mur. Une fois de plus, je me suis imaginé en photo sur ce blog
pendant que vous vous fichiez de ma figure, ridicule avec mes fesses rouges en
vue, les mains sur la tête, sans pouvoir bouger, juste parce qu'un gars à 600
km de chez moi l'avait décidé, juste parce que j'avais tapé un "e" au
lieu d'un "a", puni.
Puni. Rien que de prononcer ces deux syllabes dans ma tête je me sens
remué, je me sens à ma place. C'est ce que je mérite, c'est ce dont j'ai envie,
c'est ce qui m'ennuie et que je trouve stupide... Tellement stupide que, cette
fois-ci, j'ai haussé les épaules et j'ai triché : j'ai quitté la position bien
avant d'avoir fini. C'est que je n'avais pas que ça à faire, ça n'avait pas de
sens de perdre mon temps cul nu et au coin, tout seul et sans
surveillance, alors que je dois tapisser cette pièce (vous avez remarqué le mur
blanc...) J'avais posé mon appareil photo derrière moi, filmant la
punition pour preuve... Et elle dépasse à peine les cinq minutes... :-(
Aujourd'hui, je fais mon compte-rendu et je ne peux m'empêcher d'être
honnête. Je ne peux m'empêcher de regretter ma défection et de me traiter de
tous les noms. "Un Mlk bien puni est un Mlk bien portant". Monsieur
me fait l'honneur de lire tout ce que j'écris, même si tout ne l'intéresse pas
et de débusquer mes erreurs d'inattention, ce que je lui ai expressément
demandé et je le laisse tomber en n'exécutant pas ses ordres jusqu'au bout.
Alors où est le ridicule ? Dans ma posture fesses à l'air, au piquet ? Ou dans
ma déloyauté passagère ?
Je promets bien sûr de refaire ma punition, dès que j'en aurai l'occasion
(j'ai bien dit déloyauté
passagère) et je me tiens à la
disposition de Monsieur le Superviseur, s'il considère que cette défaillance
mérite pénitence, bien que ce ne soit plus, à proprement parler, de son ressort
orthographique...
Tiens, tant que j'y suis, je vous invite, lecteurs, à donner votre avis en
commentaire : si j'avais été
votre puni, quelle aurait été votre
réaction ? Si mon sens de la culpabilité s'exacerbe, peut-être irai-je me
soumettre à vos punitions... Sinon, cela alimentera le blog et donnera peut-être
des idées aux trois personnes auxquelles j'ai promis obéissance au cours de nos
relations cyberamicales (Monsieur le Superviseur, Madame et Mademoiselle), même
si elles n'utilisent pas souvent ce levier...
PS (plusieurs heures plus tard). mes contradictions deviennent obsédantes...
Je pleure pour être puni et je ne suis pas allé au bout de ma punition. Je
pourrais donner corps à mes fantasmes en truffant mes posts de fautes,
contraignant Monsieur le Superviseur à travailler davantage, or, à peine le
texte en ligne, je me mets à tourner et retourner les mots dans ma tête à la
recherche de la faille à corriger... Je viens d'ailleurs de rétablir un
participe passé que j'avais écrit comme un infinitif... Une recherche de la
perfection, un défi permanent (ah, il veut me punir ? Je ne lui en donnerai pas
l'occasion !) en opposition avec mes lamentations (personne ne me punit, je
suis tout seul !) Bref, des détours et des contradictions qui n'ont pas fini de
m'inciter à bloguer... C'est bon signe, non ?